Bonjour !
Que retenir dans l'actualité de ces derniers jours...
L'édito de Patrice Caradec
➔ Côte à côte
Le 16e Forum du Seto a fermé ses portes la semaine dernière, à Tétouan. Vos nombreux commentaires nous laissent penser que c'était un très bon cru, dans la lignée des précédents. Ce Forum a surtout permis de remettre quelques sujets sur la table, des sujets qui ne se règlent pas à coups de raccourcis ou d’approximations, contrairement à ce qu'on peut parfois lire ici ou là. Je pense notamment à l'attitude du Quai d'Orsay lors des rapatriements de nos compatriotes au début de la guerre. Dans un article de l'Echo touristique, le patron d'un grand réseau de distribution s'en est pris ouvertement au ministère de l'Europe et des Affaires étrangères qui, en période de crise, "n’écoute pas les professionnels du voyage". Le constat est sévère. Il est aussi, selon nous, largement discutable. Les actions du MEAE ne sont pas parfaites - aucune ne l’est en situation de crise -, mais le Seto est en lien permanent avec la cellule de crise et nos échanges sont constants. Notre activité est intégrée aux analyses et aux missions d’évaluation du ministère. Pendant la crise, nous étions informés quotidiennement, ce qui nous a permis d’agir, de recommander, d’ajuster. Et, très concrètement, ces relations ont permis l’obtention de droits de trafic indispensables pour rapatrier nos clients. On est loin d’un dialogue inexistant. Mais le véritable point de friction est ailleurs. Il tient en une question simple, posée à Tétouan : "Qui paye quoi en cas de circonstances exceptionnelles et inévitables ?" Et au vu des réactions, cette question n’a rien d’anecdotique. Les usages ne font pas la loi. Et ils ne doivent pas non plus servir à la réécrire. Le Code du tourisme, renforcé par les 21 arrêts rendus par la Cour de cassation en juillet 2025, est clair : en l’absence de faute, producteur et détaillant sont co-responsables. Coobligés solidaires. Ce n’est ni une interprétation, ni une posture. C’est le droit. Cela n’empêche évidemment pas les "gestes commerciaux" que beaucoup consentent. Ils sont souvent nécessaires pour préserver la relation client. Mais ils relèvent d’un choix, pas d’une obligation. Les ériger en norme, puis reprocher à ceux qui appliquent la loi de ne pas faire assez d’efforts, revient à inverser le débat. Notre responsabilité collective est ailleurs : remettre à plat les règles, objectiver les pratiques, et construire des mécanismes durables. C’est le sens de notre démarche. Cela passe par une lecture partagée des textes, mais aussi, peut-être, par la relance du projet de "fonds de solidarité" que nous avions esquissé il y a plusieurs années. Les crises ne disparaîtront pas. Autant décider, dès maintenant, de les affronter ensemble. Producteurs et distributeurs côte à côte, plutôt que face à face. Et, le moment venu, nous pourrons inviter la presse pro. Pas pour commenter nos désaccords, mais pour constater nos avancées. Ce sera déjà un progrès.
PS : Dans le prochain "Edito" de Seto Tavel News, je reviendrai sur la remarquable prestation de Carlos Ghosn lors du Forum, ainsi que sur les differentes interventions traitant de l’impact de l’IA dans nos métiers.
Et à part ça... Plus de 5.000 personnes, principalement des civils, ont été tuées jusqu'à présent dans la guerre au Moyen-Orient, dont près des trois quarts en Iran, selon des organisations gouvernementales et l'agence américaine Human Rights Activists News Agency ● Selon les mêmes sources, un peu plus de 1.300 personnes ont été tuées au Liban, où Israël a ouvert un second front contre le Hezbollah, allié à l'Iran ● La guerre menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran est un grand succès, a déclaré Donald Trump hier soir. Il a annoncé d'autres attaques sérieuses : "Nous les frapperons extrêmement fort dans les deux à trois prochaines semaines." Et si "nous ne parvenons pas à un accord de paix", les États-Unis bombarderont l'Iran "pour les faire revenir à l'âge de pierre, auquel ils appartiennent" ● Donald Trump s’en est une nouvelle fois pris au couple Macron lors d’un déjeuner privé : "Macron, dont la femme le traite extrêmement mal… il se remet encore du coup de poing qu’il a pris à la mâchoire"…
➔ La nouvelle directive sur les voyages à forfait est approuvée par le Conseil de l'UE
À la suite de l'approbation du Conseil de l'Union européenne, la voie est désormais libre pour la réforme de la directive européenne sur les voyages à forfait. Celle-ci vise essentiellement à clarifier la distinction entre les voyages à forfait et les prestations individuelles, ainsi que les cas exceptionnels. La décision du Conseil marque la fin du processus législatif au niveau européen. La directive sera publiée au Journal officiel de l'Union européenne et entrera en vigueur 20 jours plus tard. Les États membres disposent de 28 mois pour la transposer. Une période de transition supplémentaire de six mois a été accordée. Les nouvelles règles devraient s'appliquer à partir de 2029. Pour sa part, l’Association allemande du tourisme (DRV) a salué les clarifications apportées à la définition des voyages à forfait et des prestations individuelles dans la nouvelle directive. "Il s’agit d’une contribution importante à l’établissement d’un cadre juridique pratique et fiable en droit européen du tourisme", a déclaré Albin Loidl, son président. Il se félicite également de la plus grande précision des critères définissant l’existence de circonstances exceptionnelles et inévitables, qui garantit, selon lui, la sécurité juridique des entreprises.
Et à part ça... Le prix du pétrole a grimpé et les actions ont chuté après que le président Trump, dans un discours prononcé depuis la Maison Blanche, n'a donné aucune indication quant au calendrier de la fin de la guerre contre l'Iran, même s'il a déclaré que le conflit était "sur le point de se terminer" ● Le président Trump a assuré aux Américains qui souffrent de la flambée des prix de l'énergie qu'il ne s'agit que d'un phénomène temporaire. Lorsque le conflit sera terminé, le détroit d'Ormuz se rouvrira "naturellement" et les exportations de pétrole et de gaz reprendront ● Le passage du détroit d'Ormuz coûterait actuellement jusqu'à deux millions de dollars (environ 1,85 million d’euros). Selon Lloyd's List Intelligence, une société d'analyse du transport maritime, c'est le montant que certains navires ont déboursé pour pouvoir passer sans risque. Ce racket imposé par les gardiens de la révolution n'a aucune base légale…
➔ Découvrez ViaXoft, partenaire technologique des tour-opérateurs
Dans un marché où la réactivité et la maîtrise des flux sont devenues clés, les tour-opérateurs doivent pouvoir produire, distribuer et vendre plus vite, avec plus de fiabilité. Depuis 2008, ViaXoft accompagne les acteurs du tourisme avec des solutions SaaS conçues pour simplifier et accélérer leur activité. Avec ViaXeo, nous proposons une plateforme dédiée aux tour-opérateurs pour structurer leur production et la connecter à tout leur écosystème. Import, enrichissement, distribution : vos offres sont centralisées et diffusées efficacement sur l’ensemble de vos canaux. ViaXeo intègre vos flux (aérien, hôtelier, activités, assurances, paiements…) dans un moteur unique, connecté en API à vos partenaires et plateformes B2B comme Orchestra ou SpeedMedia. Vous bénéficiez également de connexions directes à l’ensemble de vos sources de contenu : GDS, consolidateurs, compagnies low-cost et NDC, ainsi que des centrales hôtelières. Cette diversité de connexions vous permet de sécuriser vos approvisionnements, d’optimiser vos coûts et de gagner en agilité dans la construction et la distribution de vos offres. Résultat : des opérations fluides, des données fiables et une meilleure performance commerciale. Plus qu’un éditeur, ViaXoft s’inscrit comme un partenaire durable pour accompagner votre croissance.
Et à part ça... Fox News est allé sur une plage en Californie pour sonder les Américains sur la guerre en Iran. Les personnes interrogées n'avaient aucune idée de la différence entre l'Iran et l'Irak. Ils ne savaient même pas de quoi il était question ● Le Royaume-Uni réunira 35 pays – à l’exclusion des États-Unis – afin d’étudier les moyens de rouvrir le détroit d’Ormuz, voie maritime vitale pour le pétrole et le gaz, bloquée par l’Iran ● Cette fois, ça a fonctionné. Malgré de légères difficultés techniques peu avant le lancement, la mission Artemis 2 de la NASA a décollé de Floride à 18h35, heure locale, peu après minuit, heure de chez nous ● SpaceX, la société de fusées et satellites d'Elon Musk, a déposé une demande d'introduction en bourse (IPO), dans ce qui pourrait être l'une des plus importantes jamais réalisées ● Les États-Unis prévoient une expansion militaire au Groenland et négocient avec le Danemark l'accès à trois bases supplémentaires sur place…
➔ TUI Group confie toutes ses activités opérationnelles à un seul dirigeant
TUI Group franchit une nouvelle étape dans sa transformation en réorganisant sa gouvernance. À compter du 1er mai 2026, le groupe allemand crée un poste de chief operating officer (COO), confié à Marco Ciomperlik, jusqu’ici chief transformation officer. Il aura la responsabilité de l’ensemble des activités opérationnelles : tour-opérateurs et marchés, compagnie aérienne, hôtels en propre (TUI Blue, Robinson, TUI Magic Life), ainsi que les activités et expériences à destination. Cette évolution vise à renforcer l’intégration verticale du groupe, à mieux exploiter les synergies entre ses différentes branches et à accélérer le développement de ses produits différenciants, tout en optimisant les coûts via des plateformes globales et en tirant parti des opportunités offertes par l’intelligence artificielle. En parallèle, le CEO Sebastian Ebel reprend directement la stratégie ainsi que les joint-ventures dans l’hôtellerie et la croisière, tandis que les activités de fusions-acquisitions passent sous la responsabilité du directeur financier Mathias Kiep.
Et à part ça... L'Association brésilienne des compagnies aériennes (Abear) avertit que la flambée du prix du kérosène due à la guerre au Moyen-Orient aura des "conséquences graves" pour le secteur dans le pays, même si 80% du carburant qu'il consomme est produit au Brésil ● Des compagnies aériennes chinoises, dont Air China et Xiamen Airlines, ont annoncé que la surtaxe pour les vols de plus de 800 kilomètres passerait de 20 à 120 yuans (soit environ 2,50 à 15 €), tandis que celle pour les vols plus courts passerait de 10 à 60 yuans (soit environ 1,30 à 7,50 €). Les billets réservés avant dimanche ne sont pas concernés. Les compagnies aériennes japonaises ANA et Japan Airlines prévoient également des hausses ● En Allemagne, la coalition centre-droite/centre-gauche au pouvoir a décidé de baisser la taxe "climat" sur le prix des billets en raison de la hausse des tarifs aériens liée au coût du kérosène…
➔ Tourisme extrême : une demande toujours forte malgré les zones à risque
Malgré la multiplication des destinations déconseillées par les autorités, le tourisme d’aventure continue de séduire outre-Manche. Le voyagiste britannique Lupine Travel, spécialisé dans les pays sensibles comme Haïti, l’Iran, le Venezuela ou le Yémen, observe une demande toujours bien réelle pour ces destinations hors normes, certaines ayant même affiché complet avant d’être suspendues. Mais le contexte géopolitique du début 2026, marqué par des tensions simultanées dans plusieurs régions, complique fortement l’exploitation. Au Venezuela, les circuits ont été mis en pause après une opération américaine meurtrière début janvier. En Iran, des voyages prévus au printemps restent incertains malgré des visas déjà délivrés. Face à cette instabilité, l’opérateur maintient une veille terrain avant toute décision, tandis que certaines zones deviennent totalement inaccessibles, comme le Soudan ou la RDC. À l’inverse, des destinations comme l’Asie centrale ou l’Algérie gagnent en attractivité. Même les spécialistes des zones déconseillées ont un petit faible pour la stabilité.
Et à part ça... Le carburant d'aviation est déjà en quantité limitée, mais la menace sur le trafic maritime est bien plus importante pour les chaînes d'approvisionnement mondiales de marchandises ● Après seize ans au pouvoir, le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, fait face à une élection législative difficile. Son parti accuse un retard de plusieurs points sur le parti d'opposition Tisza dans les sondages. L'issue du scrutin, qui aura lieu dans environ deux semaines, reste incertaine ● Des responsables militaires israéliens ont pressé les dirigeants chrétiens et druzes du Liban d'expulser les musulmans chiites des villes du sud ● En Cisjordanie, les Palestiniens observent une grève générale en signe de protestation contre la nouvelle loi israélienne sur la peine de mort ● L'Indonésie, pays musulman le plus peuplé au monde où la peine capitale est toujours en vigueur, a vivement critiqué mercredi l'application de la nouvelle loi israélienne instaurant "la peine de mort pour les terroristes"…
➔ Quand les cerisiers du Japon fleuriront-ils ? L’IA entre en scène
Au Japon, les cerisiers en fleurs génèrent chaque année plus de 9 milliards de dollars (environ 8,3 milliards d’euros) de recettes touristiques. Un enjeu considérable pour l’ensemble de la filière. Des millions de visiteurs, notamment internationaux, planifient leurs voyages en fonction du calendrier de floraison. Villes et préfectures organisent des festivals dédiés, tandis que les restaurants déclinent des menus autour de la fleur de cerisier, notamment à base de fleurs marinées. Côté habitants, la tradition reste intacte : certains vont jusqu’à faire la queue toute la nuit dans les parcs pour s’assurer les meilleures places. Dans ce contexte, la fiabilité des prévisions de date de floraison est cruciale. "Cette période a toujours été source de stress", explique Hiroki Ito, qui travaille depuis plus de dix ans à la Japan Meteorological Corporation à Osaka, l’un des principaux fournisseurs de prévisions de floraison. Compagnies aériennes, hôteliers et restaurateurs en dépendent directement, tout comme les 123 millions de Japonais en quête du moment optimal pour observer le phénomène. Pour affiner ces prévisions, les équipes se tournent désormais vers l’intelligence artificielle. Capable d’analyser des décennies de données climatiques, elle permet de produire des cartes et des indicateurs de floraison sur plus de 1.000 sites, où les cycles varient fortement. Espérons que grâce à l'IA, Monsieur Ito va pouvoir se détendre un peu.
Et à part ça... Accor va céder sa participation de 30,56% dans la société Essendi, ex AccorInvest, à un consortium formé des fonds d'investissement américain Blackstone et européen Colony IM, pour un montant pouvant atteindre 975 millions d'euros ● La compagnie ferroviaire espagnole Renfe a décidé de suspendre, au moins provisoirement, ses projets français et renonce à ouvrir une liaison à grande vitesse entre Madrid, Barcelone et Paris. A Madrid, on critique "la position dominante et l'intégration verticale du groupe SNCF", qui barre l'accès aux nouveaux arrivants ● Le tribunal de commerce de Pointe-à-Pitre examine ce jeudi les offres de reprise de la compagnie aérienne Air Antilles, placée en redressement judiciaire début février et dont les avions sont cloués au sol depuis début décembre ● Pour sa première célébration de Pâques, le pape Léon – né aux États-Unis – devrait lancer "des appels forts et clairs à la paix"…
➔ Le Spitzberg prévoit une taxe de séjour pour Longyearbyen
Le gouvernement norvégien a présenté une proposition concrète de taxe de séjour afin de mieux gérer l'afflux croissant de visiteurs à Longyearbyen - connu notamment pour ses aurores boréales - et de pérenniser les infrastructures locales. Deux options sont à l'étude pour les séjours hôteliers : un forfait de 60 NOK (environ 5 €) par nuit ou une majoration de 3 % du prix de la nuit. Les passagers de croisière, eux, devront s'acquitter d'un droit unique de 180 NOK (environ 15 €) lors de leur premier embarquement ou débarquement. Les recettes seront directement affectées à la commune de Longyearbyen pour financer l'entretien, les investissements et les services touristiques. Le projet est actuellement soumis à consultation. Les modalités finales et le calendrier d'entrée en vigueur seront arrêtés à son issue. Au-delà du cas du Spitzberg, le signal est clair : dans les destinations sous pression, la régulation de la fréquentation s'impose progressivement comme un levier de gestion à part entière - et un nouveau paramètre à intégrer pour les opérateurs.
Et à part ça... Les États-Unis retirent de leur liste noire la présidente en exercice du Venezuela, Delcy Rodríguez, qui gouverne le pays depuis l'enlèvement de Nicolás Maduro par les Américains ● En Indonésie, un séisme a secoué la côte de l'île de Sulawesi. En raison de la faible profondeur des fonds, cela a provoqué un tsunami, mais sans conséquences graves ● En Inde, un recensement a commencé dans le pays le plus peuplé du monde. L'enquête doit se terminer en mars 2027 ● Des scientifiques ont identifié dans l'Amazonie péruvienne une nouvelle espèce de grenouille marsupiale, qui transporte ses œufs puis ses petits dans une poche dorsale ● Et pour vous rappeler que le monde n'est pas si mauvais : cinquante ans après leur première prestation dans Kontakthof de Pina Bausch, ses danseurs, aujourd'hui sexagénaires, se sont reformés pour un rappel au Sadler's Wells East, à Londres.
Drôle d'époque...
En Hongrie, toute personne achetant un billet de train auprès de MÁV, la compagnie ferroviaire hongroise, se voit automatiquement remboursée 50% du prix en cas de retard de plus de 20 minutes. Dimanche matin, petit bug de saison : le système de calcul des retards n’a pas intégré le passage à l’heure d’été. Résultat, tous les trains ont été considérés comme ayant au moins une heure de retard. À la clé, des remboursements automatiques pour de nombreux passagers… dont les trains étaient pourtant arrivés parfaitement à l’heure. Une piste d’inspiration pour la SNCF ? Reste un détail : si les trains deviennent vraiment ponctuels, on risque de les rater.